La ligne de partage des eaux en Ardèche
6h30 Gare de Grenoble, le train nous emmène direction Pierrelatte où une nouvelle itinérance de 2 jours démarre. Nous devions reformer le groupe du Cormet de Roselend mais cette fois, Martin n’est pas dispo…dommage, on ne pourra pas le brancher sur la couleur de ses chaussettes !
Notre itinéraire va suivre la ligne de partage des eaux dans le département de l’Ardèche. De part et d’autre de cette ligne, les rivières s’écoulent soit vers l’Atlantique, soit vers la Méditerannée. Au delà des paysages qui seront incroyable, j’aime beaucoup l’idée de parcourir cette trace qui repésente une frontière qui pour une fois n’a pas été dessinée par l’homme.
Cette ligne à proximité de l’atelier, c’est un peu notre Great Divide à nous !
Un jour peut être ..!
Après une petite heure d’approche, nous arrivons à Saint Martin d’Ardèche et nous hissons sur la route des gorges. De là haut, nous dominons la rivière qui se la coule douce vers la mer. Nous remontons à contre courant de ses rapides et profitons de tous les points de vue que les gorges nous offrent sur la réserve naturelle
Le soleil brille, le ciel est bleu et l’eau turquoise ! On croise quelques chèvres sauvages et quelques campings cars hollandais (forcément !) La route est quasi déserte et nous filons vers Vallon Pont d’Arc. A l’approche du pont d’Arc, c’est un peu plus animé : pas mal de touristes viennent observer cette arche naturelle.
Pause dej au centre du village avant de repartir. Le soleil brille haut dans le ciel et la première bosse tombe à point pour nous assommer en pleine digestion !
Peu après nous arrivons à une bifurcation où nous décidons de shunter une partie de la trace initialement prévue. Une grosse incertitude planait sur le déniv, variant de 2000 à 6000 selon les applis.
Vu ce qu’on a déjà parcouru, on sera bien au-delà des 2 000 !
L’après midi se poursuit sur des routes quasi désertes et nous prenons de l’altitude pour gagner le plateau ardéchois. Une dernière halte dans une supérette pour acheter du goûter avant de filer vers ces terres désertiques ou nous nous attendons à ne plus trouver grand chose pour nous ravitailler
Je commence à avoir les jambes lourdes et je réclame une première pause ! La journée d’hier ou j’ai accompagné Rémi à VTT du côté du Pic du Mas de la Grave a été longue et elle commence à se faire sentir !
Après avoir fait sa fête à un premier paquet de gâteaux, nous repartons. Rapidement, la route me dit quelque chose. Arrivés au col de Meyrand, plus de doute ! C’est bien là d’où nous étions partis pour faire le Canyon de Rieu Grand l’an dernier à peu près à cette époque. Il faisait 4 petits degrés et le vent soufflait alors qu’il fallait enfiler des combis encore humides de la veille ! Quel souvenir !
Le soleil commence à décliner mais nous poursuivons. Le compteur affiche 3 chiffres depuis un moment et nous roulons à bonne allure.
Maud ne montre aucun signe de fatigue alors que je commence à trouver la journée vraiment looongue !
La pluie est annoncée pour demain après midi alors tous les km sont bons à prendre aujourd’hui me dit elle. Ca n’y fait rien : je n’ai plus de jus !
Un second paquet de gateaux est en train d’en prendre pour son grade alors que nous arrivons à Mazan l’Abaye
C’est superbe et je nous vois bien nous y arrêter pour bivouaquer. En plus, il ne doit pas être loin de 19h, et encore en plus : le soleil va bientôt se coucher (le veinard !)
Maud me ré-éxplique la situation, la météo de demain….l’intérêt de poursuivre tant qu’il fait beau etc.
J’avais bien compris à l’explication précédente, et mieux : je suis d’accord ! Simplement je n’y peut rien, je suis c-u-i-t !
J’essaye de faire bonne figure malgré tout et nous repartons. Les derniers rayons du soleil nous accompagnent à côté des sources de l’Ardèche, je commence à avoir froid, puis chaud, puis très chaud. Je crois que je suis à 2 doigts de faire une hypo !!
Les derniers gateaux m’offrent un ultime répit mais je ne suis pas loin de me coucher à même le fossé !
Le salut se trouve où on l’attend le moins et c’est à Rieutord que se trouve le mien !
Alors que nous traversons le village, nous remarquons un food truc qui sert des burgers. Je n’y crois pas et suis même d’abord assez peu emballé à l’idée de m’y arrêter !
tout le monde connaît la théorie du Kébab ? il en faut un où ça défile pour que la viande n’ait pas le temps de tourner…
Vu le nombre d’habitants au km² ici j’ai des doutes ! La journée a été éprouvante et si c’est pareil en version malade demain ça sera un calvaire !
Nous nous attablons tout de même et finalement c’est le paradis ! Bière+Burger, presque au chaud après 160 et quelques kilomètres : que demander de plus ?!
Nous repérons un ancien camping à quelques coups de pédale de là pour aller passer la nuit à la belle étoile.
Les prévisions météo se confirment, nous n’aurons pas de soleil demain et des grosses quantités de pluie sont attendues dès le début d’après midi..
Nous aurons quelques gouttes en avant première au milieu de la nuit, nous forçant à nous abriter sous le tarp dont j’ai oublié les piquets et les sardines…
De bonne heure le lendemain, nous levons le camp et filons au plus direct en direction de Saint Agrève. La nuit a été réparatrice malgré les petites averses et nous reprenons notre itinéraire qui suit la ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et la Méditérannée.
Le vent nous pousse sur des routes toujours désertes et au milieu de paysages superbes. Le Mont Gerbier de Jonc et les sources de la Loire sont tout droits désignés pour une première halte.
Nous ne traînons pas car les nuages sont bien installés au dessus de nos têtes
L’ambiance est très différente de la veille, le soleil qui nous réchauffait est beaucoup plus discret et le ciel s’assombrit d’heure en heure. Nous arrivons bientôt à Saint Agrève et nous engageons dans la descente des gorges de l’Eyrieux. La descente est rapide, nous filons à toute vitesse alors que la pluie arrive. Il n’y a pas grand-chose pour manger dans cette vallée un dimanche après midi et l’affaire se règle avec une baguette, un jus de pomme et un reste de crème de marrons. Alors que nous repartons, la pluie s’intensifie et nous nous réfugions sous un abri bus pour discuter la meilleur option pour la suite.
Point de salut aujourd’hui : nous n’échapperons pas au déluge qui s’abat dans la vallée.
Après quelques atermoiement, nous nous résignons à repartir sous une pluie battante. Nous sommes à environ 1h de Valence d’où nous prendrons le train pour rentrer à Grenoble.
La route est trempée et nos kway ne suffisent guère. A deux, il n’est même pas possible de bénéficier de l’aspiration tant les projections d’eau sont abondantes lorsqu’on roule en second.
Nous sommes bientôt sur la Via Rhona qui est complètement inondée elle aussi. Les quelques cyclos que nous croisons sont tous aussi trempés que nous et les habituels saluts et sourires aux uns et aux autres sont beaucoup plus furtifs !
Après 1h sous une pluie biblique, nous arrivons enfin à Valence. La gare est pleine de naufragés de la Via Rhona et nous sommes biens content de trouver des affaires sèches au fond de nos sacoches dont l’étanchéité ne nous a pas trahis ! Nous trouvons une place confortable dans le train qui rentre à Grenoble alors que le trafic est très perturbé par les intempéries.
Ce week end aura été mémorable avec des paysages incroyables et un itinéraire superbe le long de la ligne de partage des eaux. Les gorges de l’Ardèche, le pont d’Arc, ce burger dont j’ai encore peine à croire, et cette météo si capricieuse que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
