Les 7 Majeurs
Plus de 10 ans qu’on pars ensemble avec Damien ! Chaque été à une ou deux exception près, nous avons pris la route avec nos sacoches pour une semaine d’itinérance à tavers les alpes.
Cette année était partie pour être différente puisque c’est le tour de la Bretagne qui était au programme de notre semaine estivale. La SNCF en aura voulu autrement… le train vélo en France en 2025 c’est pas encore ça…
Heureusement, nos tablettes sont pleines de bonnes idées et nous nous rabattons sur un tour qui nous fait de l’œil depuis un moment : les 7 majeurs.
Départ Dimanche matin de la gare de Grenoble pour la plus belle ligne ferroviaire du coin : Grenoble-Gap.La vue par la fenêtre nous offre des points de vue plus beaux les uns que les autres sur le Trièves et la Barrière Est du Vercors.


Arrivés à Gap, nous voilà partis pour 5 ou 6 jours sur nos montures. Comme tous les ans, le soleil est annoncé pour tous les jours de notre périple 😊
La première journée nous conduit au barrage de Serre Ponçon. Nous franchissons la Durance pour pédaler le long des rives du lac. Les premières bosses nous mettent en jambe et la route nous amène au bord de l’Ubaye que nous remontons jusqu’à Saint Paul, premier bivouac du séjour.
Le lendemain, nous nous attaquons au col de Vars par son versan le plus sauvage. Les points de vue sur la vallée de la haute Ubaye sont splendides et nous gagnons vite le sommet avant de basculer dans le Queyras pour remonter une autre belle rivière : le Guil !
Que de souvenirs dans cette vallée que j’ai decouverte il y a 18ans ! Je ne résiste pas à une petite halte pour jeter un œil à la triple chute, rapide emblématique de cette descente que j’ai eu la chance de faire et qui reste gravée dans ma mémoire.
La route se poursuit alors que le col Agnel se rapproche. Le sommet est loin et nous traversons les derniers villages de la vallée avant que l’ambiance ne devienne plus sauvage.
Bientôt, le sommet est en vue et nos efforts se voient récompensés au sommet ! La journée est déjà bien avancée alors que nous nous engageons dans la descente côté Italien. Vers 18h, nous sommes en bas et nous mettons à la recherche d’un spot de bivouac pour la nuit. Nous dormirons derrière un cimetière, au pied du col qui nous attend demain : Sampeyre !



Au jour 3, le col de Sampeyre est le premier col 100% Italien de notre périple. La route est sinueuse et nous gagnons rapidement de l’altitude. Les dénivs sont copieux et l’arrivée au sommet nous redonne le sourire. Nous profitons de la vue en mangeant un bout avant de nous engager dans une longue descente. Arrivés en bas, nous voulions nous ravitailler mais nous ne trouvons rien. Les près de 1500m de D+ qui nous attendent ne nous semblent pas envisageables sans un bon en-cas mais force est de constater que nous n’allons pas avoir le choix ! Il fait chaud et la route s’élève à nouveau alors que nous nous attaquons au col de Fauniera. Après quelques centaines de m de D+, une pancarte nous indique un resto. C’est un peu chic pour des bonhommes dont la dernière douche date d’il y a 2 jours dans l’Ubaye mais nous décidons de nous attabler quand même pour faire le plein de glucides !
Rizotto pour moi, spaghettis pour Damien, nous serions bien restés plus longtemps mais il nous reste du quoi faire et il faut repartir.
Nous rattrapons un couple de français dans la montée. Ils sont d’Aix les Bains et nous échangeons quelques mots dans les rampes les plus raides du col. Le paysage change au fil que nous gagnons de l’altitude et on en vient à circuler dans un décor de cinéma. Ça me rappelle les paysages de la vallée d’Aoste du film « les 8 montagnes » que j’ai vu récemment. Rapidement, la bande son de Daniel Norgren résonne dans ma tête, elle va m’accompagner toute la montée !
Nous faisons une halte dans une bergerie pour nous désaltérer avant de reprendre l’ascension jusqu’au sommet. Nous sommes hors du temps, c’est sublime et j’aimerai que la route ne s’arrête jamais !




A l’arrivée au col, il est tard, il n’y a plus grand monde là haut. Nous prenons le temps d’apprécier la vue avant de redescendre et gardons le téléphone a proximité pour immortaliser les paysages. La descente démarre par un passage entre deux énormes blocs rocheux qui forment une porte naturelle puis les virages s’enchaînent au milieu des alpages.
La descente nous conduit à Demonte. Je me rappelle qu’il y a 4 ans, durant le tour du Mercantour, nous avions trouvé un super spot de bivouac dans le secteur. Quelques recherches sur nos traces strava et sur google maps nous permettent de localiser le spot au bord de la rivière. Il ne nous reste plus qu’à faire des courses pour le petit dej et nous décidons de dîner une pizza en terrasse pour célébrer la fin de la journée
Une fois sorti de table ; la route descend jusqu’au bivouac qui n’a pas changé : plat comme la main, un point d’eau, des tables, et un accès à la rivière pour faire un bout de lessive et se laver ! Le grand luxe !


Après une bonne nuit, nous repartons pour ce qui sera la plus grosse journée du voyage. L’itinéraire doit nous conduire au col de Lombarde d’où nous rebasculerons en France pour nous hisser au point culminant du séjour : la Cime de la Bonnette. J’ai encore la tête à Fauniera tandis que nous nous attaquons à la Lombarde. La pente comme la température sont plus douces que la veille et chacun prend son rythme pour monter.
La route est étroite et nous ne sommes pas dérangés par le trafic. Sur la partie finale, la vue se dégage et nous profitons du calme qui règne là haut. Le col est en vue et nous y arrivons peu avant midi. Quelques photos puis nous basculons côté francais. Rapidement, nous voila à Isola 2000. C’est nettement moins sauvage que côté Italien et nous décidons de filer jusqu’en bas. Le mercure remonte au fil que nous descendons !
Arrivés dans la vallée, nous retrouvons le couple de francais d’hier qui sors d’un resto ou nous décidons de nous arrêter aussi car nous ne voyons pas de superette pour faire les courses. Un burger plus tard, nous nous mettons en route pour la Bonette.
Les premiers km sont assez roulants dans la vallée de la Tinée mais nous savons qu’un gros morceau nous attend. La route ne tarde pas à s’élever et nous prenons notre rythme alors que les pourcentages se durcissent. L’après midi est déjà bien avancée et la majorité des cyclistes que nous croisont redescendent. Nous ne sommes qu’une poignée à monter à une heure si tardive. Le ciel se couvre et nous avançons, lacet après lacet.
Bientôt, un refuge au bord de la route nous permet de faire le plein d’eau. Nous nous offrons une limonade pour reprendre des forces et nous remettons en route. La montée se poursuit jusqu’à pas loin de 19h30, heure à laquelle j’atteins enfin le sommet de la route la plus haute d’Europe !
La cime est dans le brouillard et ça ajoute un peu à l’ambiance lunaire qui règne au sommet. C’est un sacré morceau que l’on vient de gravir ! Nous retrouvons d’autres cyclistes là haut. Un francilien qui prévoit de dormir sur pace et une équipe de nordistes, tous sur des vélos en acier. C’est sympa d’échanger quelques mots avec eux, ils suivent l’association des artisans du cycles et ont déjà vu passer quelques posts relayant mon travail, c’est encore rare que je croise des gens qui connaissent Vertigo alors ça me fait particulièrement plaisir !!
Le froid nous tombe dessus et l’heure tourne, nous enfilons les doudounes pour redescendre. Rapidement, les sensations ne sont pas bonnes, je m’arrête et comme redouté, mon pneu arrière se dégonfle… Il est 20h passées, le ciel est de plus en plus menaçant alors je me serais bien épargné une crevaison…





Une réparation plus tard, nous voila repartis. Nous avons la route pour nous tous seuls. Les lacets sont très beaux et on se prend tour à tour en photo pour immortaliser cette descente d’anthologie. Les premières goutes nous rattrapent alors que le ciel est s’assombrit encore.
Alors que nous sommes presque à Jausiers, et que la pluie redouble d’intensité, une pizzeria est indiquée sur le bord de la route. Pas besoin de discuter pour tomber d’accord ! On passe le reste de la soirée au chaud et là aussi j’ai souvenir d’un spot de bivouac ou nous avions séjourné il y a 4 ans. Il fait nuit noire mais la pluie a cessé lorsque nous repartons, le ventre plein. Le spot est comme dans mes souvenirs !
Je le retrouve du premier coup et nous mettons le tarp par précaution bien qu’il ne devrait plus pleuvoir
Le lendemain, nous repartons pour une seconde ascension du col de Vars. Il est réservé aux cyclistes et cela a attiré du monde. Nous atteignons le sommet vers midi alors que la route vient de rouvrir. C’était un plaisir de profiter d’une montée dans le silence. Nous redescendons sur Guillestre ou nous nous ravitaillons avant de repartir pour le dernier majeur qui manque à notre tour : le col de l’Izoard ! Il fait chaud et l’accumulation des km commence à peser dans les jambes. Pause à Arvieux pour se rafraîchir. C’est le départ d’un de mes tour VTT préféré ; Furfande. Mais les projets sont tout autre aujourd’hui !
On reprend la route du col que nous atteignons vers 17h30h. On profite du calme là haut avant de redescendre sur Briançon. Il fait chaud dans la vallée et nous trouvons un itinéraire le long de la Guisane pour remonter vers Serre-Chevallier. Un stop au supermarché et nous trouvons une aire qui conviendra très bien pour la nuit. C’est le dernier bivouac du séjour et demain nous serrons de retour à Grenoble. Une dernière ascension au col du Lautaret, je poursuit vers le Galibier avant de redescendre face à la Meije pour retrouver Damien qui m’attend au Lautaret. Débute alors la partie la moins drôle du séjour avec 90km de nationale direction Grenoble. Le vent chaud remonte la vallée et nous dessèche, le trafic est important et la chaleur caniculaire nous assomme. Une nouvelle crevaison met mes nerfs à l’épreuve !




Nous passons Vizille, les usines Arkema et nous voila de retour dans l’Aglo ! C’est nettement moins sexy que la haute Ubaye ! La Romanche puis le Drac me font de l’œil, on serait serait au frais sur ces rapides plutôt qu’à pédaler sur le bitume !!
Le retour passe juste à proximité de l’atelier où des fabrications m’attendent et je poursuis jusqu’à chez moi ou je me précipite sur le reste de glace qui traîne dans mon congel !
Encore un super tour durant lequel on en a pris plein les yeux ! Vivement les prochaines vacances !!









