Pic Jocelme

L’atelier est à Grenoble et il est difficile de résister à l’appel de la neige lorsque les sommets qui surplombent la ville sont blancs. Elle est tombée en abondance cet hiver au dessus de 2000m mais je n’ai quasiment pas skié.

 

Habituellement, j’enfile un ou deux dossards sur le marathon ski tour, mais cet hiver très peu de courses ont pu se tenir et les conditions dans le Vercors n’étaient pas des plus motivantes. J’ai réussi à faire quelques Molières mais une seule en chaussant au village d’Autrans…

 

Alors que le Printemps s’installe j’appelle Adrien afin de voir s’il est dispo pour une ballade en ski de rando. La saison est déjà bien entamée et il faudra donc viser haut. Tous les refuges gardés des écrins et de la Vanoise étant complets, nous nous rabattons sur le peu fréquenté Valgaudemar.

Le plan initial est de monter samedi à un premier refuge avant de faire le pic Jocelme dimanche. Les bonnes conditions météo nous incitent à partir dès le vendredi soir pour profiter de 2 jours là haut.


C’est ainsi que nous partons après avoir fait les fonds de placards de nos cuisines respectives. Arrivée au parking alors que la nuit tombe, nous avons 1h de marche pour rejoindre la première cabane. Elle n’est pas gardée mais le refuge d’hiver est très confortable et je m’endors en quelques secondes !


Le lendemain, nous repartons de bonne heure, craignant de cuire dès que le soleil nous atteindra. Les skis restent sur le sac un bon moment alors que nous remontons la Severaise et nous finissons par chausser après quelques traversées de rivière plus ou moins acrobatiques.

Le coin est très sauvage , nous continuons notre ascension sur les pentes enneigées. Nouvelle traversée de rivière et nous voici au pied d’énormes coulées. Le risque d’avalanche est quasi nul au moment ou nous passons mais à n’en pas douter les pentes qui nous surplombent ont cédé plus tôt dans l’hiver.
Le refuge est juste au dessus de nous mais il se mérite ! Nous y arrivons et entrons quelques instants pour y déposer quelques affaires que dont nous n’aurons pas besoin pour la suite de la balade aujourd’hui. L’heure tourne et comme prévu, le soleil nous cuit. La progression est de plus en plus dure alors que la neige brasse. Chaque mètre se mérite et nous finissons par nous résigner…. Le col que nous visions est encore loin et nous n’y parviendrons pas dans des délais raisonnable…Nous retirons les peaux, serrons les chaussures et faisons demi tour. On attaque à tailler des grandes courbes et la pente est descendue bien trop vite comparé à la débauche d’énergie qu’il a fallu pour la monter !
Peu importe, nous nous sommes régalés et nous regagnons le refuge pour y faire la sieste tout le reste de la journée !

Le soir venu, d’autres groupes sont arrivés. Tout le monde mange en parlant des projets du lendemain. Nous serons 3 groupes pour le pic Jocelme.

 

Après une bonne nuit, le dortoir se vide et nous chaussons les skis pour notre objectif dominical.
Ce n’est jamais simple de s’orienter là haut et nous cheminons au milieu de sommets majestueux. Deux passages très raides s’effectuent en crampons avec les skis sur le sac puis la pente s’adoucit et nous terminons par un très beau vallon. Arrivés au sommet, la vue est imprenable sur les sommets alentours : L’Olan, les Rouies, la Barre des Ecrins, Ailefroide et tant d’autres !
Les deux autres groupes sont repartis alors que nous profitons de la quiétude du sommet. Nous décidons de nous remettre en route à notre tour et la descente va être l’occasion de faire chauffer un peu les jambes ! L’altitude et la journée d’hier à brasser se rappellent à nous dans la descente. Bientôt, le refuge de Chabournéou est de nouveau en vue. Nous nous y réarretons pour récupérer les dernières affaires que nous avions laissé et repartons pour la suite de la descente.
La neige a bien transformé et cela présage d’une mauvaise glisse sur les parties en faut plat que nous avons franchi la veille.

 

Et en effet le retour s’étire alors que nos sacs nous paraissent bien lourds. Bientôt, il faut déchausser les skis et commence alors la marche du retour.
Nous suivons la rivière alors que le soleil tape fort et c’est au bout du chemin que nous retrouvons le parking et la voiture.
Encore une bien belle journée en montagne. Il y a encore beaucoup de neige en altitude mais avec ce soleil les premières sorties en vélo ne devraient pas tarder à être possibles !

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